Ce mémoire interroge la manière dont le graphisme peut représenter et valoriser la lenteur dans une société dominée par la vitesse et la productivité.
Graphisme actuel, hérité du futurisme industriel, promouvant le progrès comme gage d’efficacité technique et de maîtrise technologique, alimente un capitalisme visuel où vitesse et efficacité dominent. L’espace public, saturé d’images standardisées par l’industrialisation et l’IA, perd son impact et la sensibilité humaine, et provoque une saturation visuelle.
En réponse, les mouvements « slow » apparaissent comme une alternative critique : ils réintroduisent la contemplation, redonnent du sens et replacent la communication dans un rythme humain. Certaines campagnes utilisent la lenteur comme facteur de différenciation et d'autre comme un espace pour respirer et réfléchir.
Bien que les codes visuels associés au « slow » restent souvent stéréotypés ou sont détournés par le « slow washing », des pratiques artisanales et expérimentales montrent que la lenteur peut devenir une posture esthétique réhabilitant la matérialité, la patience et la contemplation, jusqu’à constituer un véritable langage graphique